Il y a quelques semaines, je me suis fracturé le poignet.
Sur le moment, j’ai surtout pensé à tout ce que je n’allais plus pouvoir faire.
Les rendez-vous à réorganiser.
Les gestes du quotidien devenus plus compliqués.
Les projets mis entre parenthèses.
Comme souvent, mon premier réflexe a été de vouloir reprendre le cours normal des choses.
Continuer.
Rattraper le temps. Ne pas prendre de retard.
Puis les jours ont passé.
Le rythme s’est ralenti malgré moi.
Et avec ce ralentissement est apparu quelque chose d’inattendu : de l’espace.
L’espace de relire mon parcours.
L’espace de regarder autrement ce que j’avais construit.
L’espace de me demander, non pas ce que je voulais faire de plus, mais ce que je voulais continuer à faire… et surtout comment j’avais envie de le faire.
Pendant longtemps, j’ai pensé que mon métier consistait à aider les autres à clarifier leur activité.
Aujourd’hui, je crois qu’il consiste d’abord à observer.
Observer ce qui évolue.
Observer ce qui résiste.
Observer ce qui cherche à émerger.
Je me suis rendu compte que je passais beaucoup de temps à chercher des réponses.
Comment mieux communiquer.
Comment développer une activité.
Comment prendre les bonnes décisions.
Alors que la vraie question était ailleurs.
Est-ce que la manière dont je travaille aujourd’hui ressemble à la personne que je suis devenue ?
Cette question ne m’a pas apporté de réponse immédiate.
Elle a simplement déplacé mon regard.
Je crois que nous vivons tous ces moments où quelque chose ne sonne plus tout à fait juste.
On pense qu’il faut changer d’offre.
Refaire son site. (ce que j’ai fait 😉
Revoir sa communication.
Parfois, oui.
Mais parfois, il faut simplement accepter de ralentir assez longtemps pour comprendre ce qui cherche déjà à émerger.
Cet été, je n’ai pas trouvé un nouveau projet.
Je n’ai pas eu de révélation spectaculaire.
J’ai retrouvé une intention.
Construire une activité plus simple.
Plus cohérente.
Plus fidèle à ce qui compte aujourd’hui.
C’est aussi de là qu’est né Entre les lignes.
Un espace où je partagerai des observations, des rencontres, des lectures et des questions qui nourrissent ma manière d’accompagner.
Je n’y chercherai pas à convaincre.
Je n’y partagerai pas de recettes.
J’essaierai simplement de mettre des mots sur ce qui se joue, souvent discrètement, derrière les projets, les transitions et les décisions.
Parce que je crois que les changements les plus profonds commencent rarement par une méthode.
Ils commencent souvent par un autre regard.
Et peut-être que ralentir n’est pas toujours un contretemps.
Peut-être est-ce parfois une façon de retrouver une direction.
Et vous…
Quelle pause, choisie ou imposée, a déjà changé votre manière de voir les choses ?
Bande-son : Slow Down – Morcheeba